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| C’est une histoire qui naît
dans à la fois la tête de deux obsédés et un
institut de beauté. A force d’y entendre les confidences et
le désert affectivo-sensuel du quotidien où survivent leurs
concitoyennes friquées, deux trentenaires vont peu à peu mettre
sur pied un réseau de peau mâle douce, habile, disponible et
coûteuse. Ces deux-là tirent, bon an mal an, l’aventure dans une direction médiane de leur vision du monde : Gérald, gérant de l’institut, est un pervers polymorphe et presque amoral, qui veut autant satisfaire ses pulsions voyeuses et manipulatrices que gonfler son compte en banque. L’autre, le narrateur, voit dans cette aventure une quête initiatrice en terres intimes et féminines, même s’il s’y lance avec une démarche de businessman. Chien et chat qui se complèteront, et complèteront leur équipe selon le même équilibre entre rentabilité et beauté du geste. Tout près d’eux il y a Lydia, fausse godiche et vraie maïeuticienne (elle sait faire causer, quoi), il y a bientôt Maya, routière de la peau et des mâles qui aimera cette aventure et saura la nourrir. Tous vont chercher à réinventer le genre, à échapper aux deux pièges qu’ils pressentent : vendre des gigolos ou escort boys d’une part, transcrire au féminin ce qui fait depuis la nuit des temps la prostitution à l’usage des hommes, d’autre part. Pour cela, ils vont écouter, imaginer, scénariser. Ils vont avancer dans cette conviction que le désir d’une femme a besoin d’une histoire, de situations, de fantasmes, de mots, de préliminaires à distance, a fortiori quand la satisfaction de ce désir est tarifé. Ils baptiseront envols ces moments de plaisir hors du temps qu’ils vont offrir –enfin, vendre- aux femmes. Ils baptiseront embarquements les aventures plus complexes qu’ils concevront comme de délicieux traquenards. [là, vous pouvez encore sauter en marche et éviter de déflorer complètement ce pauvre livre à l’hymen malmené. Jusqu’ici vous avez lu du contexte, mais plus bas ça tourne explicite, on en est moins au dépucelage courtois qu’à la grande initiation sibite, pardon, tantrique] Parallèlement, ils vont recruter, former, perfectionner leurs troupes, des troupes pour faire l’amour et d’autres pour écrire, fomenter, renouveler l’offre en permanence. Ils vont décider d’avancer à visage plus découvert, sans le paravent de l’institut de beauté. Un site Internet permettra aux unes de se raconter, aux autres de les écouter, à tout le monde d’avoir l’envie de se rencontrer, comme dans un gynécée ouvert aux étalons… C’est alors que la propriétaire de l’institut apprendra ce qu’on y complote. Elle décidera curieusement de prendre l’affaire en main, confiant à sa fille et une amie d’icelle de se mêler de tout. Nos deux compères y perdront peu à peu le sens de leur quête, au fil d’une dérive orchestrée par les deux jeunes femmes, dérive décomplexée et consumériste à leur image. L’atelier du sur mesure tournera au prêt-à-porter. Après quelques derniers beaux scénarii, le narrateur décidera de quitter l’aventure et la France. Quelques mois plus tard, c’est d’une plage thaïlandaise qu’il apprendra la mort d’un des étalons et de deux de ses clientes. Un réseau terroriste aura profité du réseau libertin pour semer un sale virus fulgurant et frapper au sommet de l’Etat. Le narrateur verra, effaré, sa petite entreprise mise à nu dans la presse et décidera, quelques rebondissements plus tard, de rentrer à Paris aux côtés de Gérald, pour de nouvelles aventures plus secrètes, moins rentables mais, pourquoi pas, tout aussi fertiles… Pour le prime-time, la une ou le 20 H, contactez la délicieuse Laetitia Fossorier (ou débrouillez-vous pour lui parler, elle a une voix terrible) lapresse@christopherenauld.com |